Il continuait à faire chaud et nous avions envie de mer. Retrouver l’eau, batifoler dans les vagues, sauter sur les rochers, chercher des coquillages. Il nous tardait tellement que nous avions quitté précipitamment la Cappadoce.
Mais par deux fois nous fumes freinés. Une halte de deux jours à Sultanahani, qui ne présente absolument aucun intérêt sinon que le tenancier de l’unique camping ou nous faisons étape, Rasim, est très gentil.
Puis un essai raté de s’installer à Olympos nous amène à rencontrer l’équipe de choc de Babylon Town. C’est un lieu autogéré planté au milieu d’une foret de pins. Ils s’en sortent en organisant des excursions en bateau ou des balades en chameaux. Nous passons donc là trois jours à partager la vie de cette équipe sans chef, mettons la main à la pâte, échangeons nos projets, nos idées… Nous aurions bien passé plus de temps ici mais la mer est à trois kilomètres et nous la voulons à nos pieds.
Nous poussons donc jusqu’à Adrassan ou habite Aysu, une femme turque d’un certain age, rencontrée à Babylon Town. Elle se plie en quatre pour que nous soyons bien installés et, nous sommes bien installés, au bord de la mer. Nous passons du temps avec elle et une amie de son fils, Esli. Ancienne journaliste, elle est bien au courant de la situation politique de son pays et nous fait quelques leçons d’histoires, le soir, sous la tonnelle de vigne vierge…
Et puis il se fait tard, nous pensons au retour et comme la cote est belle, nous décidons d’en profiter et de prendre un bateau pour l’Italie plutôt que de remonter par la Grèce et la Croatie.
C’est la fin des vacances et nous passons quinze jours à sillonner la cote de la mer méditerranée, ses petites criques d’eau turquoise et si claire qu’on y voit les poissons, puis celle de la mer Egée ou l’eau est plus froide et moins transparente mais les plages toutes aussi belles et moins touristiques.
Nous partons pour une journée de bateau avec des touristes qui sont pires que des caricatures. Heureusement, le parcours est superbe. Nous faisons le tour de petites îles désertes, visitons des ruines enfouies sous l’eau à la suite d’un tremblement de terre et nageons au milieu des vieilles pierres.
Quelques jours avant le départ du ferry nous passons a Cesme pour y réserver notre billet puis partons nous perdre dans les pistes à quelques km de là et y trouvons une jolie plage bien isolée avec quelques guinguettes. Nos derniers jours en Turquie se font au rythme des rakis, des plongeons dans l’eau bleue piscine, des balades le long de plages désertes, de poissons grillés et de serveurs aimables…
C’est la fin de la saison pour eux, c’est la fin de notre périple, l’ambiance est mélancolique mais langoureuse, nous nous préparons à rentrer en Europe.